Du détournement au délire interprétatif : les figures de l’excès dans Julius Caesar de Shakespeare - Université Paris Nanterre Access content directly
Journal Articles Actes des congrès de la Société française Shakespeare Year : 2007

Du détournement au délire interprétatif : les figures de l’excès dans Julius Caesar de Shakespeare

Yan Brailowsky

Abstract

Shakespeare’s Rome is nothing but excess—excess as écart, death or even rapture. Caesar exceeds, or crosses, multiple boundaries: after having entered Rome with his army and taken hold of the city, he becomes a living god; after his death, he returns to predict the death of Brutus as a ghost, flouting the laws of Nature. To this, we must add the playwright’s excess: Shakespeare includes more omens than attested in his sources. By thus breaking with his forebears (notably Plutarch), the dramatist may have wished to point out the inherent difficulties in circumscribing the dangers of interpreting prophetic or divinatory phenomena. The divinatory practices of ancient Rome make it possible to indefinitely (re)interepret signs and wonders sent by the gods, at the risk of interpreting too much. Thus, the Ides of March also refer to the “sides”, “tides” and even the “dogs” of an irate crowd or deity... such as when, in a moment of madness, or “slip”, Antony prophesies, invoking Caesar’s ghost and the “dogs of war” of the god of war, Mars, on the ides of the month named after him, March. The ensuing chaos is the excess this paper wishes to examine.
La figure de l’excès, prise dans ses multiples sens d’écart, de mort, de dépassement, voire de ravissement, imprègne la Rome de Shakespeare. Les excès de César sont multiples : ayant franchi le Rubicon et s’étant rendu maître de Rome, il passe au rang des dieux ; après sa mort, il revient pour prédire la mort de Brutus, outrepassant une fois de plus les limites du naturel. À ceci, il faut ajouter les excès du dramaturge lui-même : Shakespeare met en scène encore plus de signes prémonitoires que n’en comportent ses sources. En se démarquant ainsi (notamment de Plutarque), Shakespeare ne cherche-t-il pas à mettre en évidence combien il est difficile de circonscrire les dangers inhérents aux phénomènes prophétiques ou divinatoires ? Les pratiques divinatoires de la cité antique permettent en effet de (ré)interpréter indéfiniment les signes et prodiges offerts par les dieux, au risque de sombrer dans un délire interprétatif. C’est ainsi que les ides de mars peuvent devenir tour à tour les « sides », « tides » ou « dogs » d’un dieu ou d’une plèbe en courroux... comme lorsque, dans un moment de délire, ou « slip », Antoine se met à prophétiser : il invoque alors le fantôme de César et the « dogs of war » du dieu de la guerre, Mars, aux ides du mois éponyme. Le chaos qui s’ensuit est à l’image du délire interprétatif que nous nous proposons d’examiner.

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hal-01958082 , version 1 (17-12-2018)

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Yan Brailowsky. Du détournement au délire interprétatif : les figures de l’excès dans Julius Caesar de Shakespeare. Actes des congrès de la Société française Shakespeare, 2007, 25, pp.3-23. ⟨10.4000/shakespeare.1039⟩. ⟨hal-01958082⟩
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