De la mobilité des paysans tharu et de leurs chefs - Université Paris Nanterre Access content directly
Journal Articles Ateliers d'anthropologie Year : 2021

On the mobility of Tharu farmers and on their headmen

De la mobilité des paysans tharu et de leurs chefs

Abstract

In 1978, Sagant devoted a pioneering article to "the magnitude and historical depth of Nepali migrations" which highlights the oppression of the new Nepalese administration and the role that British colonization of India played in intensifying migrations in early 19th century. The relevance of Sagant’s analysis is illustrated by a mass migration of Tharu peasants in 1805, from lands under the administrative supervision of a small Himalayan kingdom, towards land under British control. In this paper, I deal with the mobility of Tharu peasants living in the Terai region, which underwent a radical change at that time with the interference of the British and the establishment of an international border between two new nation states. My contribution takes a more general approach to the role of peasant mobility in social formations and to the contradictions generated by the establishment of state-controlled territories. These historical data shed light on Tharu social organization—the importance of common residences, large houses and house groups (villages), based on the necessarily collective farming of pioneer land—and Tharu farmers’ non-attachment to land, even the rejection of this attachment to avoid paying taxes and resist the control of the state. Sagant emphasised the decisive role played by local leaders in intensifying migration, with powers granted by the central administration that distorted traditional institutions. Tharu chiefs were no exception: a collection of archives (1726-1840) on a Tharu lineage shows the evolution of the status of one of these chiefs and the rupture caused by the control of the central administration and the emergence of nation states.
En 1978, Sagant consacra un article pionnier à « l’ampleur et à la profondeur historique des migrations népalaises » qui met en relief l’oppression de la nouvelle administration népalaise et le rôle de la colonisation britannique de l’Inde dans l’intensification des migrations au début du xixe siècle. La pertinence de cette analyse générale est illustrée par l’histoire d’un mouvement de migration massif de paysans tharu, des terres sous tutelle d’un petit état himalayen vers des régions devenues britanniques en 1805. Je traite ici de la mobilité des paysans tharu du Terai, région frontière sous exploitée qui connut à cette époque un bouleversement radical avec l’ingérence des Britanniques et la fixation d’une frontière internationale entre deux nouveaux États-nations. Ma contribution s’inscrit dans une approche plus générale du rôle de la mobilité paysanne dans les formations sociales et des contradictions engendrées par l’instauration de territoires sous contrôle de l’état. Ces données éclairent l’organisation sociale tharu — l’importance de la résidence commune, des grandes maisons et des groupements de maisons (villages), fondés sur l’exploitation nécessairement collective d’une terre pionnière —, et le non-attachement au sol des paysans tharu, plus encore, le refus d’un tel attachement pour échapper au paiement de l’impôt et résister à l’emprise de l’État. Sagant insista sur le rôle déterminant joué par les chefs locaux dans l’intensification des migrations. Les chefs tharu ne font pas exception : un corpus d’archives (1726-1840) sur une lignée tharu montre l’évolution du statut d’un de ces chefs et la rupture provoquée par l’emprise de l’administration centrale et l’émergence des États-nations.

Dates and versions

hal-04393993 , version 1 (15-01-2024)

Identifiers

Cite

Gisèle Krauskopff. De la mobilité des paysans tharu et de leurs chefs. Ateliers d'anthropologie, 2021, Mobilité, territoire et pouvoirs en Himalaya : pour Philippe Sagant, 49, ⟨10.4000/ateliers.14253⟩. ⟨hal-04393993⟩
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