L’empreinte du stoïcisme sur la politique romaine - Université Paris Nanterre Access content directly
Book Sections Year : 2009

L’empreinte du stoïcisme sur la politique romaine

Christelle Veillard

Abstract

This chapter shows how the Stoic principles have been applied in Roman politics. It first goes back over the following assumption, generally taken for granted : the Agrarian reforms, started by the Gracchi brothers on the one hand, and the opposition of the roman conservative party on the other hand, would find their origin in two Stoic trends, initiated by, respectively, Diogenes of Babylonia and Antipater of Tarsus. The reality is in fact much more complex than that, and the Spartian organisation (and its heir, the City of Sun pictured by Blossius) obviously played here an important part. Secondly, it appears that the Stoic school produced more fighters for virtue than real politic opponents : for the Stoics, the question of the political organisation of the State is an indifferent one ; the only thing to be considered is to fight for moral principles, whenever they are threatened. The Stoics have therefore set up a series of opposition techniques (open conflict or passive disobedience, like silence and abstention), all ruled by the « retention clause », but also by clemency, benevolence, love of fellow countrymen, highlighted by Seneca and Marcus Aurelius.
Ce chapitre montre comment les principes stoïciens ont été appliqués à la politique romaine. Il revient d'abord sur le postulat suivant, généralement considéré comme acquis : les réformes agraires, lancées par les frères Gracques d'une part, et l'opposition du parti conservateur romain d'autre part, trouveraient leur origine dans deux courants stoïciens, initiés respectivement par Diogène de Babylone et Antipater de Tarse. La réalité est en fait beaucoup plus complexe que cela, et l'organisation spartiate (et son héritière, la Cité du Soleil imaginée par Blossius) a évidemment joué ici un rôle important. En second lieu, il apparaît que l'école stoïcienne a produit plus de combattants de la vertu que de véritables opposants politiques : pour les stoïciens, la question de l'organisation politique de l'Etat est indifférente ; la seule chose à envisager est de se battre pour les principes moraux, chaque fois qu'ils sont menacés. Les stoïciens ont donc mis en place une série de techniques d'opposition (conflit ouvert ou désobéissance passive, comme le silence et l'abstention), toutes régies par la "clause de réserve", mais aussi par la clémence, la bienveillance, l'amour des concitoyens, mis en avant par Sénèque et Marc Aurèle.
No file

Dates and versions

hal-04251824 , version 1 (20-10-2023)

Identifiers

  • HAL Id : hal-04251824 , version 1

Cite

Christelle Veillard. L’empreinte du stoïcisme sur la politique romaine. Gourinat, Jean-Baptiste and Barnes, Jonathan. Lire les stoïciens, Presses universitaires de France, pp.201-209, 2009, 978-2-13-057373-9. ⟨hal-04251824⟩
51 View
0 Download

Share

Gmail Facebook X LinkedIn More