Social media and democratic stability in Madagascar
Les réseaux sociaux et la stabilité démocratique à Madagascar
Résumé
The 2025 socio-political crisis in Madagascar revealed a major shift in the information landscape: social media—particularly Facebook and WhatsApp—became the main arena for shaping public opinion, largely supplanting traditional media. This report is based on a mixed (quantitative and qualitative) survey conducted from September to October 2025 among 253 respondents and 42 open-ended comments. It analyzes how disinformation, emotional circulation (anger, fear, sadness, hope), and the hybridization of information sources have reconfigured institutional trust, citizen behavior, and social cohesion. The results show that 91% of those surveyed say they have been exposed to misleading content, and nearly one in two respondents admit to having changed their opinion as a result of online content. Digital platforms play a decisive role in the dynamics of the crisis: they amplify emotions, accelerate the spread of narratives, and produce polarization that weakens governance. The analysis offers an information and communication framework for understanding the crisis, showing that social networks act as a self-organizing system where collective perceptions are co-constructed. The report also identifies an emerging core of “information vigilance,” revealing a potential for cognitive resilience. Finally, it makes recommendations to strengthen information governance, public crisis communication, critical media education, and national cognitive sovereignty. This report is a strategic tool for public decision-makers, international organizations, and development actors seeking to understand and anticipate digital vulnerabilities in societies in transition.
La crise socio-politique malgache de 2025 a révélé un basculement majeur du paysage informationnel : les réseaux sociaux – en particulier Facebook, WhatsApp – sont devenus la principale arène de formation de l’opinion publique, supplantant largement les médias traditionnels. Ce rapport repose sur une enquête mixte (quantitative et qualitative) menée de septembre à octobre 2025 auprès de 253 répondants et 42 commentaires libres. Il analyse comment la désinformation, la circulation émotionnelle (colère, peur, tristesse, espoir) et l’hybridation des sources d’information ont reconfiguré la confiance institutionnelle, les comportements citoyens et la cohésion sociale. Les résultats montrent que 91 % des personnes interrogées déclarent avoir été exposées à des contenus trompeurs, et près d’un répondant sur deux reconnaît avoir changé d’opinion à la suite de contenus en ligne. Les plateformes numériques jouent un rôle déterminant dans la dynamique de crise : elles amplifient les émotions, accélèrent la diffusion des récits et produisent une polarisation qui fragilise la gouvernance. L’analyse propose une grille de lecture info-communicationnelle de la crise, montrant que les réseaux sociaux agissent comme un système auto-organisé où se co-construisent les perceptions collectives. Le rapport identifie également un noyau de « vigilance informationnelle » en émergence, révélateur d’un potentiel de résilience cognitive. Enfin, il formule des recommandations pour renforcer la gouvernance informationnelle, la communication publique de crise, l’éducation critique aux médias, ainsi que la souveraineté cognitive nationale. Ce rapport constitue un outil stratégique pour les décideurs publics, les organisations internationales et les acteurs du développement souhaitant comprendre et anticiper les vulnérabilités numériques dans les sociétés en transition.
Mots clés
Domaines
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